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Marcher sur un véhicule provoque-t-il des dégâts ?

Le Progrès – 20 janvier 2012

Marcher sur un véhicule provoque-t-il des dégâts ?

Nantua. C’est la question posée hier, au tribunal de police de
Nantua, où un homme était appelé à comparaître pour des faits commis en
novembre dernier, à Prévessins-Moëns.

C’est une affaire peu banale qui attendait, hier, le tribunal d’instance
de Nantua. La justice reproche à Peter Wagner d’avoir marché sur une
voiture. Les faits remontent au 17 novembre, à Prévessin-Moëns.

Il n’y a pas eu d’expertise de la gendarmerie

Ce jour-là, vers 13h15, l’homme accompagne à pied sa fille à l’école.
Rue du Stade, le trottoir qu’il emprunte est barré par un véhicule en
stationnement. Sa conductrice est au volant, mais le moteur ne tourne pas. D’un
geste de la main, le père de famille demande à l’automobiliste de déplacer
sa Peugeot 207. « Elle a clairement manifesté son refus de partir, explique
le prévenu à la barre. Indigné de sa réaction, j’ai décidé de continuer tout
droit mon chemin. » Prenant son élan, l’homme escalade le véhicule. « J’ai
pris appui sur une aile où la carrosserie est renforcée, puis je suis passé
sur le capot et le toit. Ma fille a contourné la voiture par la chaussée.
Elle a eu peur de me suivre. »
Le lendemain, une plainte est déposée par la société Plastic
Omnium, propriétaire du véhicule. Poursuivi pour avoir dégradé et détérioré
volontairement un bien d’autrui en causant un dégât léger, Peter Wagner,
venu plaider sans avocat, se défend d’avoir provoqué des dégâts. « Quand je
suis descendu, j’ai pris soin de regarder et je n’ai rien vu. La tôle s’enfonce
puis remonte ensuite. Je suis ingénieur en physique appliquée, je connais la
résistance des matériaux. » Pourtant, un devis, en date du 9 décembre, tend
à démontrer le contraire. « Les faits ont donné lieu à une facture de 848,11
euros, lance la présidente Solange Auduge-Samary. « Où sont les dégâts ? Moi
je ne les connais pas. Et s’il y en a eu, ils ne sont pas volontaires, comme
c’est écrit sur le dépôt de plainte », ajoute Peter Wagner, rappelant qu’il
existe des techniques, connues notamment en Allemagne et facilement
trouvables sur Internet, pour traverser un véhicule sans l’endommager. « Il
n’y a pas eu, en effet, d’expertise de la part de la gendarmerie », regrette
la présidente. « C’est un dossier qui sort de l’ordinaire. Il y a des
affaires plus pittoresques que d’autres », s’étonne Pierre-François Long
pour le Ministère public. Le substitut insiste sur « l’aplomb inquiétant »
du contrevenant. « L’automobiliste n’aurait jamais dû stationner là mais la
réaction de M. Wagner est disproportionnée. Il a mis un principe à ne pas
dévier de sa trajectoire en ayant eu l’idée de se faire accompagner par sa
fille. J’ai rarement entendu dire que marcher sur une voiture lui faisait du
bien. Je ne pense pas que Plastic Omnium soit à 848 euros près. La société n’est
ni présente aujourd’hui, ni partie civile. Pour autant, M. Wagner n’est pas
au-dessus des lois », conclut-il, avant de requérir une amende de 650 euros
dont 250 euros avec sursis. L’affaire a été mise en délibéré. Jugement le 29
mars.

Cédric Loubet

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