Bilan d’activité de l’année 2014

Samedi 31 janvier dernier, se tenait l’Assemblée Générale de Point de Vue sur la Ville. Nous nous sommes retrouvés une quarantaine.

Nous tenons à remercier François Vital-Durand, président du comité AVH de Lyon, Yves Gascoin, président de l’association lyonnaise « Les droits du piéton » et Colette OLIVERO de l’association « REAGIR – L’Enfant et la Rue », pour leur présence.

Bilan de l’année écoulée

L’année 2014 a été marquée par le renouvellement du Conseil Municipal de la ville de Lyon et la perspective de la transformation de la communauté de communes du Grand Lyon en métropole. Ces événements ont perturbé les actions des commissions d’accessibilité, plus particulièrement celles de la commission intercommunale. Malgré cela, nous avons continué à siéger aux réunions et à intervenir sur le terrain pour dispenser nos recommandations en matière d’accessibilité.

D’autre part, Point de Vue sur la Ville a poursuivi ses actions pour améliorer l’accessibilité de la voirie, des transports, des établissements recevant du public et de l’information numérique. Nous avons lancé une enquête nationale, pour connaître l’avis des utilisateurs déficients visuels à propos du message codé par une cloche parlé sur la phase vert piéton. En effet, la norme devrait être révisée prochainement.

1. Les actions menées

1.1 L’enquête nationale auprès des déficients visuels au sujet des feux sonores

Cette enquête restera l’action phare de 2014. Il s’agissait de recueillir l’avis des utilisateurs des feux sonores à propos du message codé, dit « ritournelle » sur la phase vert piéton. Point de Vue sur la Ville avait 4 partenaires pour cette enquête, deux associations nationales « Voir ensemble » et l’Association Nationale des Parents d’Enfants Aveugles, ainsi que deux partenaires locaux, le comité lyonnais de l’Association Valentin Haüy et le Comité Louis Braille.
Nous avons reçu l’aide précieuse d’un adhérent Strasbourgeois, Clément Gass, statisticien à l’Institut Nationale des Statistiques et des Etudes Economiques. Il a construit le questionnaire, nous avons recueilli les réponses et Clément les a traitées.
Les réponses ont été enregistrées durant 30 jours, du 24 janvier au 23 février. Au total, près de 1000 réponses nous sont parvenues, mais seulement 807 ont été retenues après dédoublonnement et contrôle qualité.

En résumé, 60 % des utilisateurs de feux sonores se prononcent pour l’ajout de l’annonce du nom de la rue à traverser sur la phase « vert piétons » en toutes circonstances. 16 % se prononcent pour le maintien de la norme actuelle, tandis que 24 % n’ont pas de préférence marquée. Pour les traversées de carrefours complexes, la part d’utilisateurs qui demandent l’ajout du nom des rues sur la phase « vert piétons » s’élève à 77 %.

Le rapport complet se trouve ici

Le rapport de l’enquête a été largement diffusé mais le contexte électoral a dominé et a fait obstacle à son écoute. Nous l’avons transmis à près de 30 organismes, aux associations partenaires, aux ministères concernés (Intérieur), à la prévention routière, au défenseur des droits, au Grand Lyon, au CEREMA, à la délégation départementale pour l’accessibilité et à tous ceux qui le demandaient. Le décès de Dominique Baudis, défenseur des droits, à perturbé la procédure auprès de cet organisme. Récemment, des relances ont été effectuées auprès du Ministre de l’Intérieur, Bernard CASENEUVE et du nouveau défenseur des droits, Jacques TOUBON et nous envisageons d’engager des poursuites auprès du tribunal administratif.

1.2 Les autres actions

En janvier, des membres du Conseil d’Administration ont rencontré d’une part, la Prévention Routière, d’autre part le Défenseur des droits Dominique BODIS toujours dans le but de modifier la norme des feux sonores pour le message parlé sur la phase vert piéton.

Le 25 novembre, après la mise en place par le Grand Lyon de feux sonores comportant un message parlé sur la phase verte, nous avons organisé un test en situation sur le carrefour Vitton-Belges-Brotteaux, en partenariat avec d’autres associations. A cette occasion, le sentiment des utilisateurs a été recueilli et synthétisé dans un rapport publié ici.

En novembre, 4 adhérents ont réalisé un parcours avec pose massive d’autocollants Aïe en présence de la presse.

2. Commissions Communales pour l’Accessibilité et autres interventions communales

Au total, nous comptons 27 interventions, entre les réunions et les tests sur le terrain.

A LYON, ce n’est pas moins de 15 participations de Point de Vue sur la Ville. Le projet de la place denuzière avec ses tests de matériaux et contrevisite, le suivi de l’aménagement de la ZAC des Girondins, la place des Tapis, le Pont Schuman, Espace Mazagran, le parc Sergent Blandan, la ZAC Mermoz Nord, le Grand Projet de Ville de la Duchère sont les différents projets que nous avons suivi.

A Sainte-Foy-lès-Lyon une adhérente est intervenue 4 fois dans le cadre de la mise en accessibilité des établissements recevant du public.

A Oulins, l’aménagement d’une zone en mode doux a mobilisé 2 adhérents lors des réunions.

Point de Vue sur la Ville est aussi intervenu à Saint-Priest pour le Forum cité solidaire et une réunion du collectif handicap, ainsi qu’à Ecully.

A VILLEFRANCHE-sur-Saône, un adhérent a participé à l’Installation de la commission d’accessibilité.

A VILLEURBANNE, 2 adhérent sont intervenu dans le cadre du grand chantier du cours Emile ZOLA et l’un d’eux à participé à la réunion d’information sur les Nouvelles dispositions réglementaires en matière d’accessibilité et la Sécurité incendie des établissements recevant du public.

Comme on peut le constater, malgré le bouleversement dans les équipes municipales, les adhérents de Point de Vue sur la Ville n’ont pas ménagé leur peine pour intervenir dans ces différentes commissions.

3. Commission intercommunale pour l’accessibilité

Cette commission est attachée au Grand Lyon. Elle traite l’accessibilité de la voirie, de certains bâtiments publics et des transports. Au cours de 2014, nous sommes intervenus à 11 occasions auprès de la CIA.

3.1 Centre d’échanges de PERRACHE

Ce grand bâtiment a été construit au cours des années 70. Il ne correspond plus aux usages d’aujourd’hui. Le Grand Lyon a donc décidé de le réhabiliter. Ces travaux vont s’étaler sur 5 ou 6 années. Mais, en attendant, il est nécessaire d’y apporter quelques modifications, un rafraîchissement en quelque sorte.

Point de Vue sur la Ville a participé, à 3 reprises, à son accessibilité en termes de signalétique afin de proposer des panneaux à une hauteur convenable, dans des tons contrastés et bien situés. Nous avons également participé à l’élaboration d’un plan de positionnement de balises sonores pour permettre une meilleure orientation dans cet espace et à des bandes de guidage.

3.2 Chantier pédagogique de VÉNISSIEUX

Un chantier pédagogique est un chantier exemplaire sur le plan de l’accessibilité. Il regroupe toutes les recommandations dans ce domaine. Jusqu’à présent, les précédents chantiers pédagogiques concevaient des carrefours. Cette fois, il s’agit plutôt d’un cheminement. Il est situé sur la commune de VÉNISSIEUX et englobe les rues Prosper Alfaric et Commune de Paris. Le cheminement permet l’accès à une maison de retraite et à un collège. En 2014, nous sommes intervenus pour une visite de milieu de chantier et une de fin de chantier. Les feux tricolores sont équipés de balises sonores, les traversées piétonnes sont abaissées et munies de bande d’éveil à la vigilance, les quais de bus sont surélevés et leur accès est en pente douce.

3.3 Hôtel de communauté

Il s’agit du siège du Grand Lyon. L’accès extérieur n’est pas du tout accessible actuellement. Les 3 réunions auxquelles Point de Vue sur la Ville à participées, ont permis de réfléchir à la signalétique visuelle et à l’installation de balises sonores permettant d’améliorer l’accès aussi bien de la rue du Lac que de la rue Garibaldi.

3.4 Pont Raymond BARRE, séparateur de zones

Le pont Raymond BARRE relie depuis le début de 2014 le quartier de la confluence à l’avenue DEBOURG vers la halle Tony GARNIER. Il est réservé au mode doux, c’est-à-dire qu’il n’est parcouru que par le tramway (ligne T1), une piste cyclable et une zone piétonne. Les associations de personnes handicapées étaient intervenues dans le projet, et Point de Vue sur la Ville avait demandé un séparateur de zones entre la piste cyclable et la partie réservée aux piétons. Celle-ci devait non seulement marquer la séparation entre les deux zones mais, Point de Vue sur la Ville avait souhaité quelle serve également de bande de guidage pour les personnes déficientes visuelles. A la construction, le séparateur qui a été installé est une sorte de rail métallique dépassant du revêtement d’environ 2 cm.

Un article est paru dans le Progrès regrettant plusieurs chutes de cyclistes dues à la glissance du séparateur de zones et demandait à le supprimer.
La Présidente de Point de Vue sur la Ville, Lilia Ouerdi, a demandé un droit de réponse à cet article.
Nous l’avons publié ici.

Une rencontre organisée par le Grand Lyon a rassemblé les associations de personnes handicapées, dont Point de Vue sur la Ville et les associations de cyclistes afin de trouver une solution à ces difficultés.

Au mois de décembre, un test de matériaux sur le pont a permis de définir une solution satisfaisante pour les personnes déficientes visuelles et les cyclistes. Le choix du matériau sera validé par un autre test sur place en 2015.

3.5 Réunion annuelle au sujet des feux sonores

Chaque année le Grand Lyon organise une réunion avec les associations de déficients visuels afin de faire le bilan de l’année écoulée et de définir les projets pour l’année suivante. Pas moins de 5 adhérents de Point de Vue sur la Ville se sont retrouvés pour débattre de ce sujet.

Chaque année, un budget de 300.000 € est affecté aux feux sonores.

A la fin de 2013, 65% des feux tricolores étaient équipés de balises sonores.

A la fin de 2014, dans l’agglomération lyonnaise nous atteignons 67,7% de feux équipés.

A budget constant depuis plusieurs années, en 2022 la totalité du parc de feux tricolores sera muni de synthèses vocales. Peu de communes en France et même dans le monde, pourront afficher un tel résultat.
Nous ne pouvons que nous en féliciter.

4. Communication

En 2014, nous nous sommes déplacés au comité AVH de LYON afin de présenter nos actions, notre rôle dans le domaine de l’accessibilité. Nous y avons présenté les solutions que nous promouvons pour la voirie et les espaces publics, les établissements recevant du public, les transports et le numérique, Internet en particulier.

En juin, dans le quartier de la confluence, 2 adhérents de Point de Vue sur la Ville ont rencontré le journal Le Progrès afin d’expliquer nos actions et montrer que l’accessibilité touchent ou touchera la plupart des citoyens à un moment de sa vie.

5. Recherches et expérimentations

Le StreetLab / institut de la vision nous a contacté pour le projet TIMODEV, étude portant sur les transports publics et leur accès en terme d’accessibilité. Il s’agissait d’une observation en situations, constituées d’un parcours en transport en commun que nous avons l’habitude de réaliser. La contrainte qui nous était imposée, était d’emprunter au moins 2 types de transports publics parmi le bus, le tramway, le métro, le train et le car interurbain.

6 adhérents de Point de Vue sur la Ville, l’un après l’autre, ont effectué un parcours empruntant plusieurs modes de transport, métro, tramway, bus sous l’œil avisé d’une jeune observatrice.

6. Collaboration extérieure

La société SERFIM a contacté Point de Vue sur la Ville afin de proposer, dans sa gamme de produit, des équipements sécurisés pour aménager les chantiers sur la voirie. Une première rencontre a permis de réfléchir à la façon de protéger ces chantiers par des Balises sonores et une signalétique adaptée. C’est ainsi que lors d’une seconde rencontre, la société nous a proposé un Test en situation de panneaux de chantier vocalisés.

Le bureau d’études COVADIS, nous a proposé un test des bandes podotactiles Mach’sens de la société Eiffage. Ces bandes comportent un module creux, qui résonne au passage de la canne blanche. Ils se placent au centre de la bande d’éveil à la vigilance afin d’indiquer le milieu de la traversée évitant ainsi, à la personne aveugle de dévier lors de la traversée de la chaussée.

La start-up Dowino a fait appel à Point de Vue sur la Ville pour tester un jeu uniquement audio, « A blind legend ». Deux adhérents de notre association se sont rendus dans les locaux de la société à 2 reprises. Une première fois nous avons testé la jouabilité du jeu. Puis, lors d’une seconde visite, nous avons été filmés par une équipe de France 3. La vidéo a circulé sur le Web, faisant connaître Point de Vue sur la Ville dans le monde entier.

En mars, la société Gosens qui conçoit un outil d’aide technique à la locomotion des déficients visuels, en créant une véritable bulle de sécurité intelligente autour de l’utilisateur, a fait appel à nous. Il s’agissait d’être filmé au cours de notre déambulation dans la ville pour expliquer les problèmes que vivent les déficients visuels lorsqu’ils se déplacent dans la rue.

En mars, toujours, Chez DECATHLON Saint Exupéry, deux adhérentes sont intervenues pour travailler sur la signalétique du magasin.

Un adhérent s’est rendu dans deux boutiques de la Croix-Rousse pour vérifier sa compatibilité avec le label Handi-accueillant. Par la suite, il a assisté à la remise officielle du label aux commerçants concernés.

7. Partenariats

CERADV, Comité d’Entente Rhône-Alpes pour la Déficience Visuelle : La Fédération des Aveugles et Amblyopes de France souhaite organiser des Pôle régionaux pour la déficience visuelle. Ces pôles devront réunir les acteurs œuvrant vers les aveugles et malvoyants d’une même région. Point de Vue sur la Ville est membre partenaire du pôle Rhône-Alpes.

En juin, Point de Vue sur la Ville et l’APRIDEV ont participés à l’organisation d’une « balade dans le noir » à la bibliothèque municipale de la Part Dieu. Cette intervention s’intégrait à un événement de la BM. Les personnes volontaires, guidées par une personne aveugle, réalisaient un petit parcours dans le noir à l’intérieur de la bibliothèque comprenant la traversée d’une grande salle, la montée d’un escalier le cheminement dans un couloir.

Nous avons échangé avec plusieurs associations avec lesquelles nous sommes partenaires. Notamment, une rencontre entre le bureau de FAF-APRIDEV et le bureau de Point de Vue sur la Ville a permis de fixer les rôles de chacun vis-à-vis de l’autre.

Un représentant de notre Conseil d’Administration a assisté aux assemblées générales du CARPA, du Comité Louis Braille, de l’association des Droits du Piéton.

8. Participation

Nous avons participé à plusieurs manifestations liées à l’accessibilité.

A Paris, les 6ièmes assises nationales de l’accessibilité sur deux journées étaient plutôt fermées. L’organisation empêchait toute intervention en direct des congressistes. Il nous a été difficile de nous exprimer.
Il a beaucoup été question des AD’Ap (agendas d’accessibilité programmés) après le report de l’obligation d’accessibilité des espaces publics et des transports.

Point de Vue sur la Ville a également participé au Salon Interoute et Ville 2014 qui se tenait à Eurexpo. A chaque conférence nous intervenions pour aborder l’accessibilité des personnes déficientes visuelles en posant des questions aux intervenants. Au cours de ce salon, nous avons collaboré avec EO-guidage par une démonstration de déplacement à l’aide de balises sonores et de bandes d’éveil à la vigilance.

Le FIPHFP a accueilli dans son jury un adhérent de Point de Vue sur la Ville pour débattre des services publics accessibles.

Des adhérents ont assistés à :

  • 2 réunions de l’observatoire de l’accessibilité du CDCPH,
  • un Café-débat « Ville accessible »,
  • une conférence « changeons notre regard sur le handicap »,
  • « Cité-Débats Lyon 2014-2020 : Se déplacer
  • l’anniversaire de la sculpture « Regard sur la ville »
  • Colloque : Vers une construction en commun des savoirs autour des situations de handicap
  • Quelles compétences numériques pour demain ?
  • Réaménagement du cours Emile Zola à Villeurbanne.

9. Sensibilisations

Point de Vue sur la Ville a participé à 6 journées de formation du personnel de Keolis. A terme, tous les agents TCL devront être passés par cette journée de sensibilisation. La matinée est consacrée à une présentation des différents handicaps par la responsable déléguée par Keolis. Elle montre quelques vidéos et chacun peut ensuite poser les questions qui lui tiennent à cœur. A midi les agents TCL et les intervenants partagent un repas froid où les échanges sont très instructives pour chacun. L’après-midi est consacrée à une mise en situation, où chaque participant « endosse », à son tour, un handicap : dans un fauteuil roulant, un casque antibruit, une canne blanche avec les yeux bandés. A cette occasion, on emprunte successivement un bus, un tramway et un métro. Cette expérience est extrêmement enrichissante pour les personnes qui acceptent de se prêter au jeu.

Les autoroutes ASF de Vinci, nous ont demandé de faire une matinée de sensibilisation auprès de leur personnel en raison de nombreuses chutes de celui-ci. Plusieurs ateliers étaient organisés dont l’un animé par Point de Vue sur la Ville. Avec un bandeau sur les yeux et munis d’une canne blanche, chacun était guidé par un aveugle dans un espace limité.

Nous sommes intervenus au lycée Aiguerande de Belleville sur Saône, sur une journée, pour une sensibilisation auprès des élèves du lycée. Il s’agissait, là encore, d’une mise en situation. Ces expériences suscitent toujours beaucoup de questions de la part des participants et engagent des échanges toujours très enrichissants.

10. Réunions internes

Le bureau de Point de Vue sur la Ville s’est réuni 3 fois, le Conseil d’Administration 4 fois. De plus, nous avons créé 4 groupes de travail. Sur 9 réunions mensuelles du vendredi soir, 2 ont été annulées. Celles qui ont eu lieu n’ont pas regroupé beaucoup de participants.

Conclusion

Au total, on compte 120 événements plus ou moins importants où Point de Vue sur la Ville s’est manifesté. Il faut préciser que toute l’activité est due à tous les bénévoles qui veulent bien prêter leur concours et s’impliquer au niveau de leur disponibilité.

D’autres activités ne figurent pas dans ce rapport, tous les comptes rendus rédigés par les intervenants, les dossiers de demande de subvention, la maintenance et l’alimentation permanente du site internet, la tenue de la comptabilité, la mise sous enveloppe, la découpe des bandes d’autocollants, etc.

Rédigé par Alain Carlier