Droit de réponce à propos du pont Raymond Barre

Après la diffusion de deux reportages radiophoniques et télévisés au niveau régional, Point de Vue sur la Ville a souhaité avoir un droit de réponse par l’intermédiaire de sa présidente Lilia OUERDI. En effet ces reportages mentionnaient des dépôts de plaintes suite à quelques chutes de cyclistes sur le pont Raymond Barre, qui seraient dues au dispositif de guidage destiné aux personnes aveugles.

« Point de Vue sur la Ville est un collectif d’associations œuvrant pour l’accessibilité des déficients visuels à la voirie, aux transports, aux cadre bâtit et aux nouvelles technologies.
Nous travaillons en étroite collaboration avec le Grand Lyon et le SYTRAL pour améliorer toutes les infrastructures afin de faciliter les déplacements des personnes mal et non-voyantes. Nous siégeons à la commission intercommunale d’accessibilité du Grand Lyon et dans ses sous-commissions (voirie, transports, établissements recevant du public). Dans ce cadre, nous prenons part à tous les nouveaux projets d’aménagements urbains comme ce fut le cas pour le pont Raymond BARRE. Entre la piste cyclable et l’espace réservé aux piétons, nous avons préconisé une délimitation détectable à la canne blanche par un séparateur de zones.

Si nous déplorons quelques chutes de cyclistes sur ce séparateur, la faute ne peut en aucun cas être imputée à ce dispositif d’aide au guidage.
Ce type de dispositif sert de délimitation des différents espaces, a priori les cyclistes ne sont pas censés les heurter. Toutefois, si ceux sont contraints à franchir ce séparateur de zones à cause d’un véhicule stationné sur la piste cyclable, la faute n’incombe pas au dispositif de guidage, mais bien au propriétaire du véhicule en cause.
En revanche, si des accidents sont dus à des cyclistes trop pressés qui, pour gagner quelques secondes, se risquent à doubler en empiétant sur l’espace piéton et trébuchent sur le séparateur de zones, ils engagent eux même leur responsabilité. Cette bande de guidage est en théorie infranchissable, je suis donc choquée qu’on tolère l’interdit, voire affligée devant la mise en cause de ce dispositif de guidage, outil indispensable aux déplacements des déficients visuels. Sur le même principe, retirons les rails de tramway, cause de bien des chutes de cyclistes !

Quotidiennement, les adhérents de Point de Vue sur la Ville sont victimes d’incidents, voire d’accidents provoqués par des cyclistes indélicats roulant à vive allure sur les trottoirs. Par ailleurs, des personnes non-voyantes se retrouvent sans le savoir, sur une piste cyclable implantée sur le trottoir seulement délimitée de la zone piétonne par un trait de peinture, alors que cette piste aurait toute sa place sur la chaussée.
Régulièrement les déplacements des personnes déficientes visuelles sont entravés par des stations Vélov mal placées, dans lesquelles elles s’enchevêtrent et dont elles s’extraient souvent avec des blessures provoquées par les guidons, laissant de jolis souvenirs bleus pendant plusieurs jours.
N’oublions pas le mobilier urbain disposé n’importe où et les véhicules stationnés sur les trottoirs qui couronnent nos genoux de belles bosses et nous contraignent à emprunter la chaussée à nos risques et périls. Enfin, évoquons les boîtes aux lettres et autres panneaux placés à hauteur de visage, qui au mieux, nous laissent une empreinte rouge à l’arcade sourcilière ou pire, nous envoient aux urgences hospitalières pour quelques points de sutures.

Si chacun peut prétendre à sa place sur la voirie, dans ce cas la personne à mobilité réduite doit pouvoir également circuler librement sur des cheminements séparés des autres espaces et dégagés de tout obstacle pouvant entraver son déplacement. C’est loin d’être le cas aujourd’hui.
Si à la suite d’un bleu, d’une contusion ou d’une fracture, un non-voyant devait alerter les médias et déposer une main courante, les organes de presses et les services de police seraient bien vite débordés. »

La présidente
Lilia OUERDI