Paris. Demande urgente de rétablissement des feux tricolores dans la zone d’expérimentation Losserand-Pernety-ouest

La suppression des feux tricolores, avec pour conséquence plus aucune information sonore, va connaître une progression, tout particulièrement dans les zones 30 !

Cela est déjà en marche dans la presqu’île de LYON 1er, sur la place des Terreaux. Le projet concerne l’ensemble de la presqu’île …

Mais pour l’instant, voici le message d’une adhérente parisienne de Point de Vue sur la Ville.


Je viens d’envoyer le courriel ci-dessous au brigadier Chef du commissariat du 14ème arrondissement Parisien, avec qui je suis en contact.

le 1er décembre 2017

Monsieur le Brigadier-Chef,

Je sollicite votre intervention urgente en raison de la très importante mise en danger qu’encourent dans leurs déplacements les déficients visuels habitant et fréquentant la zone d’expérimentation mise en place par la mairie du 14ème dans le secteur des rues Raymond Losserand – Pernety – rue de l’Ouest. Il s’agit d’une zone 30 dans laquelle les feux tricolores ont été désactivés. Je souligne que l’insécurité dans les traversées piétonnes ne touche pas que les mal et non-voyants mais s’étend aux personnes âgées, enfants etc….

De plus, les passages piétons équipés de feux tricolores constituent des repères pour les déficients visuels, pour se localiser dans les rues et leurs croisements. Leur suppression constitue donc, en plus de l’insécurité totale qu’elle représente pour la traversée des rues, une perte de repères et d’orientation. Cela cause une terrible diminution fatale de leur possibilité et autonomie de déplacement, ce qui est un recul inique dans une période où leur intégration est pourtant promue.

Cette expérimentation d’aménagement urbain touche de plein fouet les élèves du Centre FORJA (Formation des Jeunes Aveugles, 108, rue de l’Ouest, 75014 Paris)), qui circulent dans ce secteur et utilisent la station de métro Pernety. Des foyers de personnes handicapées s’y ajoutent. N’attendons pas qu’un d’entre eux soit blessé ou tué dans une traversée piétonne devenue très dangereuse en raison de décisions de la municipalité. Il s’agit de « mise en danger d’autrui ».

Deux personnes non-voyantes qui habitent dans cette zone d’expérimentation m’ont priée d’être leur porte-parole et sont en copie de ce mail :

  • Catherine X (Dom. 3, rue Francis de Préssensé, 75014 Paris) a failli être renversée : > « J’ai failli avoir un grave accident mardi 21 novembre 2017 entre 18h et 18h30, lors de ma traversée de la rue Pernety à l’angle avec la rue de l’Ouest. J’ai été surprise par l’impossibilité d’activer la sonorisation du feu avec ma télécommande pour personnes aveugles. J’ai cru deviner un phare de moto qui s’est avancée vers moi et heureusement, un piéton m’a secourue en me faisant traverser. Les piétons présents étaient aussi surpris que moi et ont dit qu’il fallait faire une pétition (lancée depuis) pour remettre les feux. »
  • Jacques Y (dom. 203, rue d’Alésia, 75014 Paris) se trouve à présent dans l’impossibilité de se rendre aux commerces de proximité qu’il fréquente depuis toujours (boulangerie, poste etc.). Il ne peut plus, en raison de la suppression des feux tricolores, traverser les rues Losserand et Pernety, comme il le faisait seul jusque-là. Cela constitue pour lui une gêne très importante dans sa vie quotidienne et un fort sentiment d’insécurité dans ses déplacements autour de son domicile.

Je viens d’apprendre que des zones d’expérimentation similaires ont été mises en place dans d’autres quartiers parisiens et cela redouble mon inquiétude sur une évolution catastrophique pour les déficients visuels des aménagements urbains.

De nombreuses démarches auprès des associations de déficients visuels, des services de la mairie du 14e (voierie, handicap, cabinet de la Maire, comité du handicap etc.) sont menées pour demander d’urgence le rétablissement des feux tricolores. Mais les réponses sont pour l’instant bien rares.

Nous comptons sur votre diligence pour faire remonter aux pouvoirs décisionnels cette requête impérieuse dont dépend la sécurité des citoyens.

Ne marginalisons pas plus les handicapés visuels en les empêchant de sortir de chez eux et de se déplacer seuls en ville en raison d’aménagements augmentant trop leur mise en danger. La canne blanche ne donne aucun droit ou avantage dans l’incivilité et l’indifférence ambiantes.

L’indiscipline des automobilistes ne fait encore qu’augmenter les risques. N’attendons pas des morts pour réagir… Les décideurs de ces aménagements en supporteront l’entière responsabilité…

Avec mes remerciements anticipés pour votre attention et la suite que vous y donnerez, je reste à votre disposition ainsi que toutes les personnes concernées et vous prie de recevoir, Monsieur le Brigadier-Chef, l’expression de mes respectueuses salutations.

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