Commission Extra Régionale du Handicap


Petit rappel historique

La Région n’a pas compétence spécifique en matière du handicap sinon l’obligation de se conformer à la loi. Toutefois, devant l’importance de l’enjeu de société que représente l’accessibilité, la Région a décidé de s’engager plus amplement et de manière volontariste. Pour cela, un plan régional en faveur de l’égalité entre personnes handicapées, et personnes valides a été voté en juillet 2007. Pour l’élaboration de ce plan et sa mise en œuvre, une Commission Extra Régionale du Handicap (CERH) a vu le jour. C’est un outil de participation citoyenne composée de personnes volontaires de tous horizons : associations, entreprises, services publics et citoyens investis sur ces questions. Ces personnes ont pour rôle de faire des propositions d’actions concrètes applicables à l’ensemble des politiques régionales.

La Commission invite ses membres pour un bilan annuel.

La réunion

Pour Point de Vue sur la Ville, Lilia était excusée pour un contre temps de dernière heure, Souhila avait la double casquette professionnelle pour la ville de Lyon et adhérente PVV, Odile était présente.

La réunion commence par ce bilan annuel assez positif, mis en lumière par Mme Marie-Odile Novelli. Il révèle de grandes améliorations sur tous les plans dont la région est responsable : lycées, transports, accueil professionnel où l’on remarque que pour la Région, le taux légal de recrutement de personnes en situation de handicap a largement dépassé les 6% pour atteindre 7,9%. Cependant l’attribution des postes est mal définie. On a cité au hasard : restauration, agents d’entretiens internes et externes, sans grandes précisions.

Un deuxième temps est consacré à la réforme sur la formation professionnelle promulguée en mars 2014. Mr Philippe Meyrieu explique comment cette réforme influence la formation des personnes en situation de handicap, et comment il s’est appliqué à l’adapter.

À ce sujet Mme Chantal Bunel-Delarhcg développe ce qui se fait en formation continue pour toute les personnes, tous les âges.

Hubert Marin chargé de l’apprentissage explique à son tour l’investissement déployé pour aider toutes les situations d’apprentissage et un dialogue avec le public s’installe pour montrer les difficultés qui existent dans les échanges « Entreprise-Apprentissage », les uns et les autres ayant parfois quelques problèmes pour se comprendre et arriver à un résultat probant.

En fin de matinée, Mr Thierry Delerce, directeur territorial de L’ADAPT Rhône-Alpes/Auvergne/Limousin, expose les résultats du travail de groupe qu’il a piloté et dont le thème était : Comment optimiser la formation professionnelle des personnes en situation de handicap par une meilleure utilisation des dispositifs existants ? Comment articuler harmonieusement les agencements de droit commun et de droit spécialisé ? Il est accompagné de Mr Joël Dumontet (L’ADAPT du Rhône).

Rappelons que les Ad’AP (Agendas D’Accessibilité Programmés) regroupent un ensemble d’établissements et services agissant dans différents domaines dans l’espace transitionnel entre le soin et l’emploi.

L’après-midi est consacrée à la place de la vie affective et sentimentale et de la sexualité parfois difficile et douloureuse des personnes à mobilité réduite.

Elle commence par un petit film, non audio décrit, ce qui nous prive de son contenu. Ce film est suivi d’un témoignage poignant et fort émouvant d’une personne qui, privée d’autonomie à ce sujet, expose sa grande souffrance.
Ce témoignage est commenté par des spécialistes, médecin, psychologue et sexologue qui, à mon sens, bien que très impliqués et sensibles au problème, n’ont que des paroles.

Ces thèmes étant assez éloignés de nos préoccupations, nous quittons la salle après ce sujet.

Commentaires.

En qualité de déficientes visuelles, nous n’avons pas trouvé l’accueil dans ce colloque bien chaleureux. À notre arrivée, une personne aimable, mais de toute évidence pressée, nous a conduites prestement vers la salle où était préparé un petit déjeuner. Le hic étant qu’elle nous ait quitté à l’entrée d’une immense salle, juste à l’endroit où il n’y a plus de bandes de guidage. Personne ne venant à notre rencontre, nous nous sommes dirigées vers le bruit et les odeurs ! Puis, nous avons dû trouver la salle de conférence et, pour cela, nous faire guider par quelque quidam rencontré sur le passage. Dans la vaste salle, un mot d’ordre : « débrouille-toi ».

Toute la conférence a été doublée par un interprète en langue des signes, ce qui est bien la moindre des choses. On a parlé de difficultés du handicap en déficience psychique et intellectuelle, normal et appréciable, surtout pour moi qui ai sévi en pédopsychiatrie. Remarquons que ce dernier est largement sous représenté, surtout par rapport au handicap moteur qui, lui, occupe une place importante, avec les institutionnels, avec un film représentatif de leurs problèmes, et la présence de nombreux membres de l’APF.

Les handicaps cachés ont été évoqués, logique aussi, mais si l’on pose la question du handicap visuel on nous répond que le travail est de regarder le handicap dans sa globalité et son concept. On ne peut pas étudier cas par cas et qu’il est nécessaire de trouver un seul interlocuteur représentant tous types de handicap, comme si les spécificités n’existaient pas.

Impossible non plus de connaître leur position sur l’accès au travail d’une personne porteur de handicap lourd à plus de 80%, la question se noie dans le brouillard.

Lors de la pose repas, nous nous sommes senties un peu seules. Au départ, personne pour offrir de l’aide, puis, comme nous errions dans les groupes et sans doute étions-nous quelque peu encombrantes, 2 personnes fort agréables et aimables, sans doute alertées, nous ont conduites dans un coin isolé et tranquille et nous ont apporté abondance de nourriture. Pas vraiment déplaisant mais malgré tout nous avions le sentiment de gêner alors que nous avions toutes les 2 solliciter, à notre inscription, de l’aide pour le buffet. De plus, il est assez rare qu’aucun participant à ce genre de réunion ne vienne à notre rencontre, ce fut pourtant le cas dans cette journée consacrée au handicap.
Chercher l’erreur.

Le paroxysme est arrivé alors que le petit film de 1 quart d’heure n’a même pas été commenté, sans parler de l’audio description qui aurait dû s’imposer. Notre agitation remarquée, ne nous a pas permis de protester car, dès la fin du film, l’animatrice s’est excusé près de nous. Il semblerait pourtant que c’est la preuve tangible de notre spécificité et que la globalité du handicap n’est pas satisfaisante.

Il me semble que l’absence de déficients visuels dans cette commission est largement regrettable. Rappelons que nous n’étions que 2 pour la Région Rhône-Alpes/Auvergne/Limousin. C’est énormément frustrant si l’on connait l’intérêt que la Métropole nous porte, mais aussi logique vu le peu de représentativité de notre handicap.

La journée ayant été entièrement enregistrée en vidéo, un lien pour en goûter tout le charme devrait nous parvenir bientôt.

Rédigé par Odile Boisson,