Un lyonnais à PARIS

Je viens de passer 3 jours à Paris et je vais vous faire un petit billet d’humeur sur ce séjour. Je n’étais pas seul et heureusement…

L’arrivée à la gare de Lyon se passe bien, balisage au sol et annonces sonores, on se croirait chez nous mais, on déchante vite. Il faut aller au métro et c’est là que ça commence à se compliquer.

En effet le balisage au sol disparait à l’arrivée des escalators et marches d’escaliers. Par contre les BEV et nez de marches au niveau des escaliers sont présents partout. Il faut un ticket pour prendre le métro, c’est comme à Lyon, il y a des machines prévues pour ça. Ce qui n’est pas prévu c’est qu’elles ne nous sont pas accessibles, comme à Lyon mais à Lyon nous avons la carte passe-partout.

Un carnet de tickets en poche, nous cherchons le bon sens du métro pour aller à Bastille. Il faut encore descendre un étage avec un escalator, faire une bonne longueur de couloir et nous arrivons enfin à quai. Ce qu’il y a de bien c’est la fréquence, on n’attend pas longtemps la rame suivante. Ligne 1 direction La Défense, ça commence bien, elle possède les annonces sonores des stations, j’ai bien entendu Bastille alors nous descendons pour rejoindre la ligne 8.

Alors là, c’est autre chose. Nous avons parcouru une longueur de couloir interminable avec une quantité impressionnante d’escaliers allant de 4 à 20 marches qu’il faut descendre ou monter sans arrêt. C’est vite la galère avec une valise bien lourde, même si elle est sur roues. Enfin nous arrivons à notre correspondance ligne 8.

Plus de son sur cette ligne, heureusement je ne suis pas seul et il n’y a pas trop de monde ce qui fait que même assis, nous avons vue sur le nom des stations. Une dizaine de stations plus loin nous arrivons à Madeleine, c’est la sortie au grand bain des touristes, mais pas sans avoir grimpé encore un bon paquet de marches. C’est qu’il il a été fait profond ce métro ! L’aventure continue.

Et maintenant si on testait les feux sonores… Et bien je ne suis pas assourdi par la cloche du vert piéton, parce que sur le boulevard de la Madeleine je n’ai rien déclenché avec ma zapette (télécommande qui déclenche les annonces sonores des feux tricolores). Nous arrivons sur le boulevard Haussmann toujours sans avoir entendu la cloche. Nous allons à droite et à gauche toujours rien, puis soudain angle rue de Provence, rue de Mogador, au milieu d’un vacarme de circulation pas possible, J’entends un drôle de bruit nasillard qui sert d’annonce pour la rue et enfin notre belle cloche familière. Je n’ai pas pu résister, je vous l’ai enregistrée parce que c’était mon premier feux parisien et pour vous montrer comment est entretenu le matériel qui doit nous aider.

Ecoutez le message sonore du feu !

J’ai été tellement surpris que j’ai été obligé de m’assoir pour boire un coup et fêter ça…

En se baladant de 11 h à 19 h dans le quartier, c’est le seul feu que je suis arrivé à déclencher et je n’ai pas entendu un seul feu activé par quelqu’un d’autre que moi. Il n’y a pas beaucoup d’aveugles à Paris, il y en a plus à Lyon.

J’ai recommencé mon expérience le lendemain matin. C’est autour de la place Vendôme que j’ai eu le plus de chance parce que là, il y a des feux qui parlent. C’est vrai que les aveugles sont pleins aux as et qu’il faut les protéger quand ils vont faire leurs courses chez Cartier, Chanel, Vuitton et j’en passe… Là, la vocalisation des feux étaient nette mais il n’y a pas de parcours complètement protégé parce que tous les feux sonores ne se suivent pas, c’est un de temps en temps.

L’après midi, nous avons changé de quartier, c’est dans le 1er, 2ème, 3ème, 4ème et 11ème arrondissement que nous avons sévi. Et bien là, c’était le silence total côté feux, je ne suis pas arrivé à en faire parler un, je ne suis pas un bon tortionnaire… Outre la ligne 1, j’ai entendu les annonces sur la ligne 10 et la ligne 14, le bus 27 est lui aussi sonorisé.

Pour conclure, la ville de Paris n’est pas bien faite pour nous, nous avons une grande chance d’habiter Lyon. Le métro n’est pas facilement accessible pour les aveugles et encore moins pour les collègues en fauteuil roulant, trop de couloirs avec de nombreux escaliers, pas d’ascenseurs, quais pas au niveau de la rame et peu de sonorisation de celles-ci. La mise en accessibilité de cette structure est impossible, il faudrait refaire le réseau donc… Ce qui change à Paris c’est que les trottoirs ne sont pas encombrés, à part les piétons il n’y a rien d’autre pour entraver notre marche. Bien sûr il y a des potelets en bordure pour empêcher le stationnement mais c’est tout. En discutant avec nos Hôtes résidantes à Paris depuis 4 ans, j’ai demandé si elles voyaient des personnes en fauteuil roulant dans les rues, et bien non, elles ne se souviennent pas en avoir croisé et des aveugles non plus. Pourtant me connaissant elles sont habituées et prévenantes vis-à-vis du handicap. Est-ce que les trottoirs ne sont pas assez larges pour les fauteuils roulants dans certains quartiers comme dans le Marais ou est ce que l’absence de vocalisation oblige l’aveugle à se faire accompagner ? Je n’ai pas la réponse mais quand on compare Lyon et Paris, et bien il vaut mieux être à Lyon pour l’autonomie et le confort de vie.

Jean-Paul le 28 mai 2014.