Réponse à la CFPSAA

Dans le bulletin 2013-4 du 24 avril 2013 de la CFPSAA, le chapitre se rapportant aux feux sonores a tout particulièrement attiré mon attention. Eh oui, même sous son masque, il était facile de reconnaître la perfide critique de notre Association (Point de Vue sur la Ville), et c’est pourquoi je viens ici alimenter la polémique.

En accord avec ce que nous défendons à PVV, je tiens à préciser – et cette précision est importante – que nous ne demandons en aucun cas la suppression de la norme NF S 32-002 sur les répétiteurs de feux piétons, norme qui a, entre autre, apporté l’harmonisation sur le plan national de la fréquence radio activant les feux. Par contre, nous réclamons la révision de cette norme afin que :

Cliquez ici pour écouter le message codé sur le vert piéton, dit « ritournelle »

Il est donc simple de comprendre qu’il ne s’agit pas : « d’abroger la norme NF S 32 002 du 20 décembre 2004 « , mais d’obtenir une information indispensable pour nous localiser dans la cité.

Me voici donc bien étonnée d’apprendre que la CFPSAA représente tous les aveugles et déficients visuels étant donné que, non seulement nous n’avons été en aucun cas consulté à propos de ce rapport, mais nous avons obtenu de plusieurs autres associations un encouragement pour cette lutte. De plus, nous avons suscité le travail d’une thèse en psychologie autour de ce thème. Travail sérieux et indépendant dont le but est, au-delà de toue polémique politique, de comprendre si nous sommes en sécurité ou pas, en ne se fiant qu’aux sons de cloches dans nos traversées de carrefour. Je défie quiconque non, ou très mal voyant, se déplaçant seul et devant traverser un carrefour inconnu de m’affirmer qu’il ne s’est jamais fait leurrer et pris des risques gravissimes. Je passe sous silence la gêne pour les riverains de ces carrefours que cause ce vacarme qui ne sécurise rien, bien au contraire, mais nous stigmatise.

Le texte de l’arrêté du 8 avril 2002 n’a rien à voir avec une quelconque diplomatie mais bien à un subterfuge du BNEVT qui a permis de faire adopter cette définition qui n’avait pas reçu le consensus du groupe d’étude des répétiteurs de feux du ministère des transports. C’est le même ministère qui a fait réaliser un audit, très bien mené, dont la conclusion n’a pas eu l’air de convenir aux protagonistes qui exigeaient des messages codés.

Le 22 septembre 2004 une lettre de la déléguée ministérielle à l’Accessibilité indiquait que les carrefours complexes ne doivent pas être équipés pour des raisons de sécurité. Alors, moi, comment je fais devant un carrefour complexe, avec des véhicules tout autour de moi, si je n’ai pas l’information parlée ? Dois-je attendre une grue de secours ? C’est pourtant bien dans ces cas critiques que j’ai le plus besoin d’informations.

Enfin, Monsieur le Président de la CFPSAA, vous sollicitez des couloirs sonores aux paramétrages très pointus que les fabricants sont en mesure d’apporter. Soit, je n’ai aucune compétence technique. Une question naïve toutefois : ne serait-il pas plus simple et tellement moins coûteux d’enregistrer un message avec nom de rue sur la phase verte plutôt qu’à avoir recours à un ingénieur du son pour chaque traversée ?

J’ajoute que le texte de l’arrêté du 8 avril 2002 précise que la ritournelle doit être exclusive, c’est-à-dire, personne ne doit pouvoir l’utiliser. Or, à ce jour, cette exclusivité devant assurer notre sécurité n’est toujours pas réalisée.

Et si nous parlions de la norme sur les feux R25 (tramway) ? Pourquoi diversifier les signalétiques selon les véhicules ? Cette multiplication de signal perturbe, non seulement les aveugles, mais aussi nombre de personnes âgées ou en légère déficience mentale qui n’ont plus les repères parfois laborieusement acquis. cliquez ici pour écouter le message codé R25
La CFPSAA préfère donc compliquer la vie des handicapés plutôt que la simplifier : conception bizarre ! La CFPSAA travaille-t-elle vraiment pour que nous acquérions notre autonomie ? Cependant, les élus de plusieurs municipalités, n’ayant pas hésité à se mettre en situation de déficience visuelle, ont compris que notre autonomie dépendait des informations précises données par la localisation.

Point de Vue sur la Ville, ne dépendant d’aucun lobbying et soutenue par de nombreuses autres associations restera donc vigilante.

Ce document, rédigé par Odile Boisson, a été approuvé par le Conseil d’Administration de Point de Vue sur la Ville.