Silence radio

Deux employés d’une société prestataire d’assistance m’installent dans une salle d’embarquement de l’aéroport de Roissy. Je m’y trouve seul, mais je ne m’en étonne guère, car nous sommes encore loin de l’heure d’embarquement. Cependant, je ne suis pas plus entouré quand s’approche effectivement l’heure de début d’embarquement : « Ils m’avaient pourtant affirmé qu’ils viendraient me chercher ici pour me conduire jusque dans l’appareil, me dis-je… Je ne suis tout de même pas le seul passager du vol… » Réalisant que j’ai été mal dirigé et oublié, je tente de joindre par téléphone le service d’assistance. Silence radio. Je me cogne l’oreille contre un automate sur lequel je finis par déposer un message expliquant ma situation. Sera-t-il découvert ? L’heure tourne cependant. Un embarquement pour Washington se déroule dans la salle voisine. Entre deux annonces, je finis par entendre au loin le dernier appel concernant le vol d’Air Canada à destination de Toronto. C’est mon vol. Sans voir, je ne suis pas sûr de trouver rapidement la porte indiquée. Dans l’urgence de la situation, je me rends dans la salle voisine à présent presque vide et expose mon problème à un employé d’American Airlines qui me fait conduire auprès de ses collègues d’Air Canada, occupés par la fin de l’embarquement. Je suis le dernier passager à pénétrer dans l’avion.

Il y a toujours une solution. Cependant, si j’avais voulu jouer à l’imbécile, en admettant que je ne fusse pas attendu à Toronto, j’aurais pu rester passivement dans ma salle déserte. Les conséquences eussent été importantes : série de derniers appels, retrait de mon bagage des soutes, décalage du départ… Résultat final, un retard assuré à l’arrivée, entraînant des modifications de correspondance, des nuits d’hôtels pour certains passagers, etc… Sans parler de mon reroutage à mettre en place, quand je me serais manifesté… Je ne fais pas partie de la jet society, mais cet événement m’est arrivé quatre fois quand j’ai voyagé seul par avion, dont deux fois à l’aéroport de Roissy. Je me suis toujours démené pour solutionner le problème. C’est que nous ne sommes pas du fret, pour moisir en souffrance dans un hangar !