Du football à l’aveugle

Publié le 10/10/2014 à 03:48, Mis à jour le 10/10/2014 à 09:00

Hier, au centre omnisports Jacques-Clouché, les collégiens du Passage ont testé le «cécifoot».
par Ph. M. Cherchari

Des collégiens de Théophile-de-Viau planchent actuellement sur le handicap. L’agglomération d’Agen les a invités à rejoindre la journée nationale de l’Accessibilité.

Les collégiens ajustent les masques visuels noirs sur leurs yeux et d’instinct, tendent les bras. Chacun avise un de ses camarades, le touche pour tenter de le reconnaître «oh pardon madame !» s’exclame l’une des élèves en identifiant sa professeur. Christine Offant accompagne sa classe de 4ème Segpa pour cette journée sportive sous le signe du handicap. C’est un thème qu’ils ont travaillé en classe, afin, entre autres, de mieux comprendre les normes imposées par le gouvernement sur l’aménagement des bâtiments recevant du public. Eux qui travailleront peut-être dans la construction, la restauration, le social, la santé…

L’avantage d’étudier dans une Segpa, c’est que tout a un sens. Que tous les cours se transforment en une réalité immédiate. «Pour venir jusqu’ici, il a fallu se renseigner sur les lignes et les horaires de bus, choisir celui qui nous fait arriver à l’heure» explique Christine Offant.

Aujourd’hui, les mêmes collégiens vont vérifier l’accessibilité des commerces agenais, en compagnie de personnes en difficulté physique, de l’APF notamment. «Interviennent des notions de mathématiques. Mais aussi de français, de vie sociale et citoyenne. Ils vont devoir présenter leur action à chaque commerçant. Des lectures de documents, parfois complexes, des plans, des tableaux…». La chambre de commerce et d’industrie leur a fourni un guide pratique de l’accessibilité dans les commerces et les restaurants.

«Avec ce projet, ces adolescents vont jusqu’au bout de quelque chose. Ils sont vraiment motivés. Ce matin par exemple, je n’avais que deux absents sur 21 et tous sont arrivés à l’heure.»

Hier le sport, aujourd’hui, le centre-ville

Cette journée sportive en situation de handicap, était animée par David Sanchez (Handisport 47). Le matin, pratique en fauteuil ou en situation de cécité. Le midi, repas avec des handicapés et l’après-midi, sport en «mixte» : «Ces rencontres cassent vraiment les représentations négatives du handicap. Et puis, elles sont pleines de valeurs. Et autant les valides que les handicapés prennent du plaisir à jouer ensemble.»

Sitôt le coup d’envoi de ce match de foot en aveugle donné, les élèves comprennent qu’il va falloir se diriger aux sons, celui du ballon qui contient une clochette et celui de ses camarades. Ils saisissent l’importance de ne pas crier. Comme l’humain s’adapte vite à de nouvelles situations, ils arrivent bien à situer le ballon et à frapper dedans, même si la trajectoire n’est pas maîtrisée. Mais une vingtaine de minutes suffit. «La vie doit être vraiment difficile pour ceux qui ne voient plus.»

Autre sport adapté à l’essai hier matin, le basket. Un côté ludique, un défi qu’ont parfaitement relevé les jeunes même si, lorsqu’un stabilisateur de fauteuil s’est décroché, l’élève s’est levé du fauteuil, l’a ramassé et l’a repositionné avant de se rasseoir, sans se rendre compte de la facilité avec laquelle il venait d’effectuer ce geste.

C.D.V.

Source : LaDépêche.fr