enquête sur le regard des français sur la cécité

A l’occasion de son Cinquantenaire, l’Association « Les Auxiliaires des Aveugles » a demandé à l’Institut de sondage Harris, une enquête sur le regard des français sur la cécité, dont vous trouverez ci-après une synthèse

Enquête réalisée en ligne du 20 au 28 mars 2013. Échantillon de 966 individus représentatifs de la population française âgée de 18 ans et plus, à partir de l’accès panel d’Harris Interactive. Méthode des quotas et redressement appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région d’habitation.

Points majeurs révélés par l’enquête :

1 – La cécité est un handicap perçu comme invalidant au quotidien.

43% des Français jugent la cécité comme un handicap très invalidant au quotidien, presque autant que le handicap moteur ou le handicap mental (respectivement 46% et 47%). La surdité (21%) ainsi que le mutisme (18%) sont considérés comme étant moins invalidants au quotidien que la cécité.

2 – La cécité empêcherait de vivre au quotidien de façon autonome, c’est-à-dire sans l’aide quotidienne d’une autre personne pour 53% des Français.

A noter que les jeunes âgés de 18 à 24 ans ainsi que les cadres et professions libérales ont davantage le sentiment qu’une personne aveugle peut, aujourd’hui en France, vivre de façon autonome (respectivement 58% et 52%, contre 47% en moyenne).

3 – Concernant la vie quotidienne :

86% des Français estiment qu’il est difficile, pour les aveugles, de se déplacer d’une ville à l’autre (dont 30% très difficile),

74% qu’il leur est difficile d’élever des enfants (16% très difficile).

63% qu’il leur est difficile d’utiliser un ordinateur (dont 21% très difficile).

75 % qu’il est difficile de pratiquer un sport (18% très difficile).

58 % qu’il est difficile de rencontrer de nouvelles personnes (11 % très difficile).

4 – Concernant le travail :

79 % des français pensent qu’il est difficile pour les aveugles de travailler (19% très difficile).

93% ressentent un manque de reconnaissance et de valorisation des aveugles dans le travail.

47% des actifs estiment qu’une personne aveugle pourrait exercer leur travail, avec des aménagements (52% estiment que non).

5 – Appréciation des aveugles par les français,

94% des français se disent d’accord avec l’affirmation selon laquelle « les personnes aveugles développent de nouvelles capacités sensorielles et intellectuelles qui leur permettent au quotidien de compenser la perte de la vue » (50% sont tout à fait d’accord).

88% des Français considèrent également que « les personnes aveugles disposent de qualités relationnelles et humaines qui sont de vrais atouts pour la société » (32% « tout à fait d’accord »), contre 12% qui déclarent ne pas être d’accord avec cette affirmation.

6 – 67% des français considèrent que les aveugles sont ni plus ni moins heureux que les Français n’ayant pas ce handicap.

Les personnes âgées de 65 ans sont en proportion plus nombreuses à percevoir les personnes aveugles comme étant moins heureuses (47% d’entre elles, contre 31% pour la moyenne des français).

7 – La cécité est un handicap auquel les Français ont le sentiment qu’ils pourraient un jour être confrontés.

  • 70% des Français se sont déjà dit qu’ils pourraient un jour devenir aveugles.
  • 64% sont inquiets à l’idée qu’ils pourraient un jour le devenir.

95% des français considèrent qu’il est très difficile de reprendre le fil de sa vie quand on perd brusquement la vue (dont 33% très difficile).

8 – 85% des Français estiment que les pouvoirs publics ne prennent pas suffisamment en compte les aveugle :

ceci concerne tant l’adaptation de la voierie ou des bâtiments, l’accessibilité aux transports en commun, les aides sociales versées aux aveugles, l’accessibilité à la culture ou aux sites Internet des administrations.

9 – Enfin concernant le bénévolat pour les aveugles :

36% des Français seraient prêts à s’investir personnellement dans une association pour aider les personnes aveugles (dont 5% se déclarent tout à fait prêts).

La proportion des femmes prêtes à s’engager est supérieure à celle des hommes (44% contre 27%) et ce souhait d’engagement est particulièrement fort chez les jeunes de 18 et 24 ans (46%).

Source : Bulletin 6 du 6 Juin 2013 de la CFPSAA